Tutoriel dt pour débutant

Tutoriel dt pour débutant

Introduction

darktable est un logiciel Open Source de traitement photographique qui permet de cataloguer ses photographies numériques et d’appliquer des corrections et effets divers à ces images. Il autorise également le contrôle en temps réel d’appareil photographique numérique connecté par un câble à un ordinateur (tiré de darktable fr). Il est installable sous les trois systèmes communs que ce soit GNU/Linux, MacOsX ou Windows.

darktable s’écrit bien sans majuscule quelque soit l’endroit où le mot est placé dans une phrase, c’est une règle depuis sa naissance.

Nous allons voir dans ce tutoriel comment simplifier le développement sous ce logiciel d’apparence complexe. Il s’agira dans un premier temps de le configurer et ensuite d’apprendre à manipuler quelques modules pour arriver à un cliché développé tout à fait honorable pouvant largement dépasser le jpeg qui a été développé par le boîtier à partir du RAW.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, une question que certaines personnes se posent. Est-ce que retoucher, c’est tricher ?

Développer une photo n’est qu’une partie du processus de l’impression de la scène sur la photographie. La prise de vue est déjà un procédé qui tronque une partie de la scène selon le cadrage, la profondeur de champ… Le rapport avec l’argentique est exactement le même, le développement faisait appel à différents films, des masques, etc…

Le développement sert à retranscrire ce que le photographe a vu de la scène.

Utilisation de darktable

Ce logiciel marche par onglets/modules. Les deux essentiels sont :

  • table lumineuse qui va s’occuper de l’importation et du classement des images
  • chambre noire où est développée l’image

Ce sont les principaux et ceux qui seront abordés dans ce tutoriel :

Onglets à considérer : table lumineuse et chambre noire

Vue de la partie haute de darktable

La navigation entre ces différents modules peut se faire de plusieurs façons :

  • par la souris en cliquant dessus le nom (si cette barre est apparente, l’enlever donne plus d’espace)
  • par des raccourcis clavier (d) pour chambre noire et (l) pour table lumineuse
  • par la souris en double-cliquant sur l’image pour passer de la table lumineuse à la chambre noire et vice-versa

Configuration

darktable est un logiciel complet qui comporte beaucoup d’outils. Comme dit précédemment, nous nous attacherons à l’onglet de la table lumineuse servant à ranger, trier, classer les photos et à celui de la chambre noire servant à les développer.

Préférences

Avant tout import et autre manipulation, il convient de paramétrer un minimum darktable. Cela se fait par la fenêtre accessible par la roue crantée sur tout onglet du logiciel située en haut plutôt à droite.

Accès aux préférences par la roue crantée

Vue de la partie haute de darktable

Options d’interface

Premier onglet, il s’agira donc de régler chaque partie :

partie général
  • sélectionner la langue : fr
  • sélectionner le thème elegant-grey. Il permet de développer une photo dans de bonnes conditions. Un thème trop contrasté noir ou blanc sera un facilitateur d’erreurs en terme de saturation, contraste et exposition

Préférences partie général

Options d'interface
partie importer

Cette partie sert à paramétrer les tags d’auteur, droits, etc, qui seront écrits pour chaque image importée dans le logiciel afin d’éviter du travail supplémentaire ensuite.

partie table lumineuse

Les paramètres par défaut sont bien choisis, à chacun de voir avec sa pratique.

partie chambre noire

Cocher "déplier un seul module de la chambre noire à la fois" permet d’éviter de prendre trop de place dans la colonne.

Préférences relatives aux parties importer, table lumineuse et chambre noire

Options d'interface
partie sécurité

Il est nécessaire de régler les réglages voulus par chacun. Les paramètres par défaut sont bien choisis.

Fonctionnement

partie qualité

Dans le cadre d’un workflow rvb (rouge, vert, bleu) ce dont il est question dans ce tutoriel, il est nécessaire de désactiver :

  • la courbe de base
  • la netteté
partie xmp

Le fichier xmp est un fichier texte qui accompagne chaque raw. Chaque raw peut avoir plusieurs fichiers xmp ce qui symbolise les clones, pour pouvoir avoir plusieurs versions de développement. darktable modifie les xmp et non les raw.

Donc afin de pouvoir développer plus sereinement avec des clones, il est nécessaire d’activer les fichiers xmp.

Préférences partie qualité et xmp

onglet fonctionnement

Les autres parties et les autres onglets sont à votre discrétion et ne seront pas décrites ici. En effet, ils ne sont pas nécessaires dans un premier temps pour développer une photo.

Il ne faut pas oublier de redémarrer darktable pour que les nouvelles préférences soient prises en compte.

Autre format pour ceux qui sont plus orientés vidéos :


Préférences : vidéo par Pascal

Comme vous l’avez vu, l’écran des préférences est différent entres les screenshots et la vidéo qui a été faite sous la version de développement. Dans les faits, les préférences n’ont pas évolué, seule l’ergonomie change.

Chambre noire

Il existe pas moins de 77 modules permettant le développement dans la chambre noire. D’un coté, les modules peuvent être classés dans deux catégories ; l’une regroupant ceux relevant de l’espace de couleur Lab et l’autre ceux relevant de l’espace de couleur rvb. Dans un souci actuel, les modules qui vont servir à développer seront dans l’espace rvb pour un worklow rvb relatif à la scène. Pour plus d’informations et d’explications, cet article répondra à vos questions : darktable 3 : rgb ou Lab, quels modules ?

Il va donc s’agir soit, de "nettoyer" la liste des modules qui ne serviront pas dans la chambre noire afin d’avoir une liste épurée ou de sélectionner les modules utilisés dans ce tutoriel en les mettant dans favoris.

Nettoyage de la liste

Cette méthode est arbitraire et correspond au développement propre à chaque utilisateur. Après les différents choix, il est possible de se créer un preset pour enregistrer cette liste. Cela se fait via la ubrique plus de modules (en bas à droite dans la chambre noire) en changeant l’état de chaque module (présent, en favori, non présent).

Mettre en favori

Cette méthode est la plus facile et permet de vous familiariser avec les modules essentiels au développement et ensuite de découvrir les autres modules qui peuvent vous correspondre dans votre processus.

Dans ce cas, les modules à mettre en favori sont :

  • balance des blancs
  • recadrer et pivoter
  • exposition
  • filmique rvb
  • égaliseur de tons
  • contraste local
  • balance couleur

Pour effectuer un développement déjà qualitatif, ces modules seront largement suffisants. Il faut savoir aussi que certains modules sont activés d’office et ne peuvent être désactivés. Ils sont absolument indispensables dans le processus de développement, par exemple dématriçage ou les profils de couleurs d’entrée et de sortie. Il faut noter que les paramètres par défaut de ces modules sont qualitatifs pour le développement. Il n’y a aucun besoin de changer ceux-ci.

Afin de trouver les modules, il suffira de les chercher dans la barre de recherche situé à droite dans la chambre noire et de les mettre en favoris via un clic droit sur le module.

Onglet de recherche

Interface de la chambre noire : quadrant supérieur droit

Explications sur un autre média, vous aurez la liste précédente mais aussi déjà des bonus et autres :


Le choix des modules par Pascal

Table lumineuse

Avant de développer, il est nécessaire d’effectuer l’import, le tri et de classer la photothèque. Pour cela, darktable dispose de la table lumineuse. Elle représente l’ensemble des photos de la photothèque.

Tout le travail peut se faire avec le clavier. Les raccourcis permettent d’optimiser celui-ci.

Il s’agit donc de :

  • importer les photos
  • rejeter les photos ratées (cadrage, netteté, etc)
  • classer les photos en attribuant des mots-clés, des couleurs ou des notations par un nombre d’étoiles
  • retenir les photos pertinentes qui sont à passer en chambre noire
  • visualiser les photos par classification

Il existe bien sûr d’autres possibilités comme celle des métadonnées, cependant ce travail doit être réfléchi en amont afin qu’il en soit tiré un bénéfice. Il ne faut pas oublier que les métadonnées communes à toutes les photos (auteur, droit...) peuvent être écrites dès l’importation comme signalé plus en amont de cette partie. Ce sera à chaque utilisateur de s’approprier le classement qu’il veut.

Lors de ce travail, il apparaît pertinent d’utiliser la majeure partie de l’écran :

  • plein écran avec le raccourci (w) mais en tenant ou (Alt + w) pour garder en plein écran après cette combinaison
  • plein écran mais en gardant la possibilité d’avoir plusieurs images sur la table en enlevant tous les panneaux (haut, bas, gauche et droite) ; raccourci (tab) (à appuyer de nouveau pour avoir la vue antérieure) ; de plus par le raccourci (b) est possible de faire disparaître les flèches, faisant gagner un peu de place.

Importer les photos

Le cas de figure simple va être pris en compte, c’est celui où la photothèque est déjà présente sur le disque dur. Dans ce cas là, il suffit de simplement importer celle-ci via le bouton importer un dossier. Si le dossier comporte des sous-dossiers, il faut bien laisser cocher la case importer les dossiers récursivement. Sera abordé plus tard le cas de figure à partir de l’appareil ou plus simplement de la carte mémoire.

Importer des photos

vue du coin supérieur gauche

La vue se mettra ensuite automatiquement sur les photos importées si celles-ci étaient dans un seul dossier.

Les mêmes explications sur un autre média :


Importer des photos par Pascal

Rejeter

Après sélection de la photo par la souris en passant dessus ou tout simplement les flèches, le raccourci (r) permet de rejeter la photo. Pour avoir une vision claire de la collection en cours, l’affichage de tout sauf rejeté peut être utilisé. Les images rejetées sont symbolisées par une croix coté gauche en bas. Cette action ne veut pas dire que l’on supprime la photo, ni même dans la corbeille, il s’agit juste de la mettre de coté. Lors de ce tri, il est plus facile de visualiser la collection en mettant de coté les photos rejetées avec l’affichage de tout sauf rejetées.

Affichage simplifié de la collection

ainsi que visualisation des labels de couleur

Classer les photos à développer

Ce classement peut se faire par la gestion des couleurs ou des étoiles.

Visualisation des labels de couleur

avec affichage simplifié de la collection

Les raccourcis sont plus accessibles pour les couleurs de F1 à F5 que pour les étoiles avec les chiffres 1 à 5 mais non du pavé numérique (ils peuvent être bien sûr réassignés, tout dépend de votre utilisation). La visualisation des labels ou mots clés sera vu ensuite. Ce classement peut aussi être fait avec des mots-clés.


Trier ses photos par Pascal

Classer les photos par mots clés

Toutes comme les parties précédentes, les raccourcis permettent une écriture rapide des mots-clés. Deux combinaisons suffisent :

  • (Ctrl + t) permet d’afficher une barre de texte sur la table pour écrire le mot-clé qui sera affecté à l’image sélectionnée. Si il est dans la liste, l’auto-complétion marchera sinon cela créera le mot-clé

Emplacement pour écrire les mots-clés

avec le raccourci (ctrl + t)
  • (Alt + t) permet d’attribuer à la photo sélectionnée le précédent mot-clé. Si la liste comporte un nombre conséquent de photos regroupant le même sujet, cela permet de gagner un certain temps

Une liste trop longue risque d’être un peu fourre-tout. Il semble adéquat de les classer par un arbre en mettant tata Jeanine dans un mot-clé personnes par exemple. Cet exemple se traduirait par personnes|tata-Jeanine. Le pipe se fait par (Alt gr + 6). Il y aura le mot clé parent personnes et le mot clé enfant tata Jeanine.

La liste des mots-clés est personnelle. Chaque utilisateur souhaitera faire son classement ; par exemple classer par personnes, lieux ou des choses plus précises parc naturel, quartier d’une ville etc. Le tout est que vous trouveriez un équilibre entre ce travail qui peut être long et fastidieux et le bénéfice tiré de cet outil.

Toutes les parties permettant le classement de la photothèque n’ont pas été abordés comme les métadonnées par exemple. Ce workflow est encore à la discrétion de chaque utilisateur mais les clés donnés permettent de se débrouiller et d’avoir un classement propre. Certes, ce travail est fastidieux. Mais vous pourrez trouver la photo de tata Jeanine prise en 2017 dans un certain lieu rapidement.

Visualisation des différents classements

A déjà été vu la visualisation des photos pour la gestion des rejets. Elles peuvent être aussi triées par le paramètre situé à coté à vos choix, mais il n’y aura aucune sélection.

L’outil le plus puissant est les filtres de collection. Il permet de sélectionner, de faire sortir du lot certaines photos en fonction de tous les critères possibles. Lors du classement a été déterminée, par exemple, que la couleur jaune serait pour les photos à développer. Après avoir effectué le tri de tous les clichés, il suffira de sélectionner dans la liste labels couleur et de double-cliquer sur le jaune.

La réinitialisation de la recherche se fait via le bouton souligné.

Visualisation sélective du label de couleur jaune

Dans le cas où plusieurs critères sont nécessaires pour affiner la recherche, il faut simplement mettre plusieurs conditions en utilisant l’outil sur la ligne de choix de critères "flèche en bas" pour affiner, inclure ou exclure des images ou respectivement et, ou et sauf.

Note : tous les raccourcis sont accessibles par la touche h y compris ceux créés par chaque utilisateur, la configuration se faisant dans les paramètres.

Chambre noire

Lieu de travail du logiciel, il permet de développer la photographie.

Historique de développement

Tout d’abord, comme dit précédemment, les modifications dans l’image ne s’écrivent pas dans le fichier photo mais dans le fichier xmp. Il faut tester, essayer et il sera possible de revenir en arrière.

Il existe plusieurs manières pour ce retour en arrière.

La dernière modification même minime peut être annulée avec le raccourci (Ctrl + z).

Lorsque les modifications ne relèvent que d’un module, il peut être réinitialisé via le bouton juste à coté des trois traits du module

Réinitialisation du module

onglet de droite de la chambre noire

Si les modifications sont plus nombreuses, il faudra jouer avec l’historique situé à gauche. Il permet de remonter antérieurement dans le développement. Lorsque l’étape à partir duquel vous souhaitez repartir est sélectionné, compresser enlèvera les modifications postérieures. Dans le cas où original est sélectionné, tout le développement sera annulé.

Historique de développement

onglet de gauche de la chambre de développement

Un autre média pour expliquer la chambre noire et l’historique de développement :


Débuter la chambre noire

Balance des blancs

Module essentiel, il permet, lorsque l’appareil photo s’est trompé de balance des blancs, de la corriger. La manière la plus simple est de sélectionner la mesure spot et de choisir une zone blanche ou grise sur la photo. Ce choix se fait en cliquant sur la photo tout en tenant pour définir la zone choisie, du blanc ou du gris. Cette mesure peut se faire plus aisément en agrandissant la photo.

Mesure spot et sélection sur l'image

vue de la balance des blancs

Recadrer et pivoter

Ce module permet de redresser l’image. Il existe la réglette de la rotation à cet effet. Cependant, une autre manière est de tracer une ligne horizontale ou verticale sur l’image selon les objets présents. Celle-ci se fait avec la souris en cliquant droit pour le point d’origine et en maintenant jusqu’à déterminer le second point de la ligne et de ce fait la tracer. La rotation se fera ensuite automatiquement suivant ce paramètre. Celle-ci sera validée en enroulant ce module. Le module s’occupera automatiquement du recadrage si celui-ci est sélectionné.

Recadrer permet de recentrer sur l’objet la vision du spectateur en enlevant des objets indésirables, en mettant en valeur le sujet principal, etc... Il faut simplement sélectionner l’aspect de l’image finale puis avec la souris déterminer la zone. Enrouler le module validera le choix.

Module recadrer et pivoter

redresser selon la droite et recadrer avec un aspect précis

Exposition

Il s’agit avec ce module d’exposer correctement les tons moyens, le sujet principal ; soit en l’augmentant, soit en la diminuant.

Module exposition

augmenter ou diminuer les IL

Le bouton en bas à droite conditions d’évaluation des couleurs (symbole ampoule) permet d’évaluer :

  • la luminosité globale de l’image avec la zone de gris moyen
  • le contraste avec le contour blanc

Filmique rvb

Dans un premier temps, régler le gris moyen à 18.45% qui correspond à la luminance du gris moyen cible. Selon les développements en cours, ce paramètre disparaîtra dans une prochaine version de filmique et sera en sous-marin réglé à 18.45%.

L’ajustement se fait sur l’exposition relative du blanc et du noir :

Module filmique : onglet scène

réglage de l'exposition relative du blanc et du noir

Sur le blanc, il s’agit de récupérer de la texture dans les éléments clairs tout en n’augmentant pas trop cette valeur pour ne pas perdre de contraste. L’idée est d’utiliser le contour blanc pour faire coïncider ce blanc au blanc de l’image.

Sur le noir, l’ajuster permet d’obtenir un vrai noir. Dans une partie des cas, la valeur absolue de l’exposition du noir approche celle du blanc.

Le bouton zones sur et sous exposées en bas à droite alerte sur les zones nommées. Cette caractéristique est toutefois à mettre en lien avec le bouton d’à coté juste à sa gauche zones sur et sous exposées en RAW. En effet, en RAW si la zone est sur-exposée, les pixels n’ont en fait pas d’informations. Il ne sera donc pas possible de récupérer des données sur ces pixels et augmenter l’exposition du blanc pour diminuer la sur-exposition ne changera rien du tout et diminuera encore le contraste.

Boutons zones sur et sous exposées

vue centrale en bas de la chambre noire

Au terme de ces réglages, la courbe aura une certaine forme. Elle va peut être avoir aux extrémités un écrêtage symbolisé par une partie orange. Le réglage va se faire dans l’onglet look. Pour enlever ou diminuer cet écrêtage, il suffit de diminuer la latitude qui est le pourcentage que l’on donne aux tons moyens symbolisé sur la courbe par les deux points blanc. En diminuant, cela laissera plus de place aux autres zones de la courbe et fera diminuer les parties oranges. La deuxième manière est de jouer sur la balance ombres/hautes lumières qui donnera une importance à l’une ou l’autre de ces deux zones, ce réglage s’applique très bien dans le cas où seulement une extrémité est écrêté. Le contraste peut être augmenté tout en le maintenant en dessous de 1.5. Au delà, l’écrêtage peut être trop important pour que les deux précédents réglages le corrigent un minimum. Il faut aussi préciser que l’écrêtage peut être aussi quelque chose de voulu et que tout n’est pas à corriger. Chacun a son style de développement.

Module filmique : onglet look

réglage du contraste, latitude et balance ombres / hautes lumières

En ce qui concerne l’onglet affichage, il n’y a pas lieu d’y toucher.

Égaliseur de tons

Ce module permet de faire des retouches plus précises par zone. Il est un complément à filmique rvb. Filmique fait le travail sur l’image entière et l’égaliseur le poursuit par zones.

Dans un premier temps, il faut régler le masque dans l’onglet du même nom. La compensation d’exposition du masque est à mettre à l’inverse de l’augmentation de la valeur d’exposition du module du même nom.

Module égaliseur de tons

compensation masque

Ensuite, il faut se mettre dans l’onglet avancé, le plus pratique, pour effectuer les modifications de deux manières :

  • bouger la courbe située dans le module
  • ou utiliser la souris sur l’image et augmenter ou diminuer l’exposition des zones semblables dans l’image à celle que la souris survole et ce en utilisant la roulette de la souris

Dans cet onglet, contrairement au premier, bouger l’exposition dans une zone fait bouger aussi ses voisins ce qui fait qu’une certaine continuité se fera entre les zones voisines. La photo conserve ainsi un équilibre.

Il faut aussi faire attention à :

  • ne pas déroger à l’équilibre de la photo en mettant le ciel moins clair que les autres parties de l’image ce qui n’était pas à l’origine au risque de perdre le caractère naturel de la photo
  • avoir une courbe jolie dans son tracé, une sorte de courbe gaussienne en veillant à garder aussi les extrémités au mieux au niveau zéro pour garder le contraste

Module égaliseur de tons

retouche

Contraste local

Ce module augmente le contraste local, qui a été diminué par le module filmique, ce qui est parfaitement normal. Les réglages de base font assez bien le travail, le module est dans un premier temps juste à activer. Le contraste peut être changé en modifiant la valeur du détail.

Balance couleur

Ce module permet de faire (entre autre) deux actions simples :

Augmenter la saturation des couleurs

Cela a pour effet de donner plus de peps aux couleurs. Cette action se fait via les deux réglettes : saturation en entrée et en sortie. Dans un cadre débutant, le choix n’a que peu d’importance.

Augmenter le contraste

Tout d’abord, il faut choisir la valeur pivot. Elle définit deux zones, en dessous du pivot il va se produire un assombrissement et au dessus un éclaircissement en augmentant le contraste avec la réglette située juste en dessous.

Module balance couleurs

saturation et contraste

Après tous ces réglages, des ajustements peuvent être bien sûr faits sur les modules listés dans ce tutoriel.

Les autres parties de ce module ne sont pas essentielles pour débuter.

Un exemple de développement se trouvera en fin de tutoriel.

Bonus

Importer plus facilement

Une manière très simple serait de faire avec les outils connus ; via l’explorateur de fichiers pour copier les images de la carte mémoire sur le disque dur et ensuite d’importer. Ce processus prend malheureusement un peu de temps et peut être simplifiée par une seule utilisation de darktable pour ces deux actions.

Avant toute chose, il faut configurer le logiciel pour l’importation. Il s’agit de régler le dossier de la photothèque, définir les dossiers dans lequel ce module mettra les clichés et de leur donner un nom. Cela se fait dans les préférences, onglet options de session.

Préférences options de session

à définir pour vos besoins

Dans cet exemple, il faut absolument que certaines options soient maintenues :

  • $(JOBCODE) qui est le nom de l’album que chacun définira lors de l’importation
  • $(SEQUENCE) qui permet que les images n’aient pas le même nom, ajoute les 001, 002 ...

Les autres variables sont multiples, ce paramétrage sera presque unique pour chaque utilisateur. Elles sont listées dans le manuel de darktable v3 en français page 219 : Lien du manuel.

Ensuite, il suffira simplement d’insérer la carte mémoire ou de brancher l’appareil photo pour importer les clichés, en cliquant sur le bouton importer depuis le boîtier (si il n’apparaît pas il suffit de faire rechercher un appareil), de sélectionner les images et de nommer le répertoire, le fameux $(JOBCODE) et de finaliser l’opération.

Importer des images

à partir d'un média sd ou APN

En un minimum de temps, l’import est effectué.

Modules supplémentaires de la chambre noire

Ces deux modules font un travail premier automatique. Il est facile dans ce cas de les activer et même de les mettre en automatique dès l’ouverture de l’image dans la chambre noire (voir plus loin). Ils seront illustrés par l’exemple de développement dans une section ultérieure.

Correction automatique des objectifs

Il reconnaît via les exifs l’objectif utilisé et permet de corriger l’image. Si les paramètres sont dans la liste, la correction est automatique.Le module est juste à activer. Cette liste ne dépend pas de darktable mais de lensfun. La base de données est donc à mettre à jour régulièrement.

Réduction bruit profil

Ce module a une partie automatique. En mettant le mode moyennes non-locales auto, une réduction du bruit est faite de manière automatique. Les paramètres de base sont suffisants, dans le cas d’une correction plus poussée, des réglages seront à faire mais là n’est pas le sujet du tutoriel.

Accélérer le développement

Créer des styles

En créer est une manière de sauvegarder le travail. Si le travail marche par série, copier et coller le développement peut suffire.

Un style peut, par exemple, servir à enregistrer les réglages pour un virage partiel et de l’appliquer ultérieurement sur les images souhaitées.

Le créer passe par la chambre noire. Il faut déjà dans un premier temps compresser l’historique et ensuite cliquer sur le bouton à coté créer un style à partir du développement. Il faudra enfin choisir les modules souhaités pour ce style et lui donner un nom.

Créer un style

à partir d'un développement existant

L’appliquer peut se faire par différents moyens :

  • en table lumineuse avec le module à droite du même nom
  • en mettant ce style en raccourci clavier dans les préférences ; celui-ci sera valide dans la table lumineuse et la chambre noire
  • dans la chambre noire via le bouton en bas à gauche de l’image (au milieu des trois)

Preset à l’ouverture d’une image non développée dans la chambre noire

Lorsque les paramètres dans un module peuvent être transposables sur toutes les images comme les deux modules précédents, il peut être utile de créer un pré-réglage et de l’activer automatiquement pour le développement. Après que les réglages sont effectués sur le module, cliquer sur le 3 barres (à coté du nom du module) pour ensuite créer un nouveau pré-réglage. Il faut donner un nom et surtout sélectionner appliquer automatiquement aux images suivantes.

En laissant comme cela, toutes les images non développées seront concernées par ce réglage.

Créer un pré-réglage d'un module

mise en place dès l'ouverture de l'image en chambre noire

Prise de vue

Dans ce workflow, il serait important d’avoir une attention technique lors de la prise de vue. En effet, au niveau de l’exposition, exposer à droite est le meilleur moyen de ne pas perdre d’informations sur l’image sans sur-exposer et d’en garder le maximum. Sur-exposer est équivaut à ne pas avoir de données sur les pixels concernés.

Exemple en chambre noire

Cette partie va s’attacher à montrer pas à pas l’effet de chaque module sur une image. Cela suit la même logique que précédemment.

Les modifications du module sont déjà appliquées sur l’image. Chaque screenshot de l’image sera accompagnée des paramètres du module qui fait les effets par rapport à la photo précédente.

Sans pré-réglage, la photo est développée avec les modules obligatoires à savoir :

  • point noir/blanc RAW
  • balance des blancs
  • dématriçage
  • profil de couleur d’entrée
  • profil de couleur de sortie
  • encodage écran
  • orientation (oriente selon les exifs du fichier)

Et cela donne ce résultat assez fade :

Photo RAW non développée

Application des modules automatiques

Photo après activation du module automatique correction des objectifs

avec les paramètres connus lorsque l’objectif est dans la base lensfuns. Dans ce cas, le module est juste à activer.

Paramètres du module correction des objectifs

Ensuite, le module réduction de bruit (profil) peut être activé dans son mode automatique. Dans le cas de l’exemple où l’image n’est pas bruité, il n’y a pas de modifications.

Réglages des modules importants

Photo après réglages du module recadrer et pivoter

avec les paramètres suivants :

Paramètres du module recadrer et pivoter

Augmentation de l’exposition pour une bonne exposition des tons moyens et du sujet photographié

Photo après réglages du module exposition

avec les réglages suivants :

Paramètres du module exposition

Réglages du module filmique

Photo après réglages du module filmique

avec les réglages suivants :

paramètres de l'onglet scène

module filmique

Paramètres de l'onglet look

module filmique

Réglages du module égaliseur de tons

Photo après réglages du module égaliseur de tons

avec les réglages suivants :

paramètres de l'onglet avancé

module égaliseur de tons

Paramètres de l'onglet compensation masque

module égaliseur de tons

Augmentation du contraste local

Photo après réglages du module contraste local

avec les réglages suivants :

paramètres du module contraste local

Augmentation de la saturation et du contraste

Photo après réglages du module balance couleurs

avec les réglages suivants :

paramètres du module balance couleurs

ce qui termine cet exemple. Nous passons donc d’une image fade :

Photo RAW non développée

une image développée amplement imprimable :

Photo après les différents réglages des modules activés

Conclusion

Le tutoriel a donné quelques pistes afin de débuter avec darktable et de s’en sortir avec peu d’outils. Après avoir assimilé ces principes, un approfondissement pourra être fait sur le site de darktable en français. De multiples sources sont disponibles : articles, discussion, vidéos. darktable est un logiciel puissant mais il faut passer par une phase de théorie et d’apprentissage pour pouvoir en tirer le meilleur. Pour vous donner encore plus envie de vous y mettre, voici une vidéo comparant plusieurs développements :

  • le premier développement est celui du boîtier, développement de base
  • le deuxième développement est celui qui a été expliqué dans ce tutoriel avec une activation au fur et à mesure des modules
  • le troisième est une version améliorée du précédent avec une activation de base des modules

Le développement est effectué avec la version 3.1 en développement. Ce changement n’a aucun impact mais il vaut mieux utiliser la version stable, à ce jour la 3.0.2.


Exemples de développement : jpeg vs RAW

Il faut noter que la première vidéo (de la deuxième façon) a été enregistrée plusieurs fois, d’où l’apparente rapidité à force de la répéter. L’expérience est tout de même concluante. Il existe une seule différence entre les deux développements, le preset renforcer la netteté de l’égaliseur de contraste qui est présent dans le deuxième.

Il est possible de tirer en peu de temps un bénéfice certain du développement et une rapidité avec darktable. Il suffit d’apprendre la théorie, la pratique et ensuite s’amuser avec les photographies sur darktable.